Voila, ça y est.
L'homme est entré dans sa phase C-pas. Une phase classique du départ de feu, la phase C-pas. Car, c'est sûr, il sait pas. Il sait pas s'il en fait trop, s'il en fait pas assez. Il sait pas s'il déconne trop quand elle est là ou s'il est trop sérieux. Il sait pas ce qu'elle attend vraiment de lui, ce qui lui plaît réellement. Il sait pas s'il est trop envahissant, s'il parle trop, s'il parle trop peu, s'il lui complique trop la vie, si ce qu'il fait est bien, si ce qu'il fait n'est pas bien... bref il sait rien. Tout à fait normal, dit le docteur, typique de la phase C-pas. Et non, y a pas de pillules, pas de gélules, y a rien contre, faut faire avec, qu'il dit. Alors l'homme tourne dans son appart, tourne dans ses jours, tourne dans ses nuits. Attention, c'est pas de l'anxiété ou un truc du genre. C'est plutôt un inassouvissement. Comme une faim. Une soif. Avec cette différence, que c'est pas désagréable. Pas du tout même. C'est un sentiment fort et profond. Celui de vivre. Enfin. Mais il sait que ce qu'il ressent est vrai sans qu'elle le sache de ne pas le savoir.